CINÉMA ARTISTIQUE

 

                                            par  Daniel Weyl

 

Mouchette ou le cinématographe comme écriture, L'Harmattan, "Champs visuels", 2012.

4e de couverture : Ce qu’offre à l’esprit un film tel que Mouchette est sans commune mesure avec ce qui s’en présente à la conscience. Son réalisateur, Robert Bresson, curieusement avant Derrida, nomme déjà écriture le travail émancipé de la représentation et de la référence par lequel se déploie un texte au sens de texture, entrelacs physique d’éléments relevant du jeu interrelationnel, d’une économie et non comme le récit - qui n’en est que le médiateur - de la constitution d’un signifié transcendantal.
On y reconnaît la déconstruction derridienne en ceci que le jeu ajourne tout jugement de valeur. Loin d’arrêter dogmatiquement un sens qui se soumettrait le spectateur, l’écriture comme questionnement s’adresse à des sujets libres. Mouchette conte le calvaire en milieu rural d’une adolescente misérable qui, ayant perdu sa mère après avoir été violée par un braconnier, se suicide.Il ne s’agit pas néanmoins, comme dans le roman de Bernanos qui l’inspira, de complainte apitoyée. Ce n’est pas davantage un plaidoyer contre le viol, ni même une enquête psychosociologique qui ferait sa part à la complexité mais un poème dédié à la grandeur de l’âme humaine.